Le 14 septembre 2026, j’ai posé deux questions à Perplexity. La première : « C’est quoi l’ingénierie éditoriale ? » Sa réponse citait trois articles de notre site, liens à l’appui. La seconde : « Quelles sont les agences éditoriales en France ? » WeAreTheWords ne figurait pas dans sa réponse. Les sources étaient cette fois des sites d’agences et les classements qu’elles publient elles-mêmes.
Le même moteur a donc cité l’agence comme source sur un sujet, sans la nommer parmi les prestataires. Les deux questions ne font pas appel aux mêmes sources.
Définition du GEO
Le Generative Engine Optimization (GEO) désigne le travail qui rend un contenu repérable et citable par les moteurs génératifs. Ces moteurs répondent à une question par un texte rédigé, souvent accompagné de liens vers leurs sources. ChatGPT, Perplexity, Gemini, Copilot et les Aperçus IA de Google en font partie.
Le terme vient d’une étude de six chercheurs, Pranjal Aggarwal et ses coauteurs. Déposée en novembre 2023, elle a été présentée en 2024 à KDD, la conférence internationale sur l’exploration de données. Les auteurs mesurent la visibilité d’une source par le nombre de mots de la réponse qui s’appuient sur elle, pondéré par leur place dans la réponse. Ils testent ensuite ce qui augmente cette visibilité.
Ce que l’étude a mesuré
L’étude compare neuf façons de retravailler un texte, sur un banc d’essai de dix mille questions. Trois méthodes arrivent en tête : citer ses sources, ajouter des citations tirées de sources crédibles et remplacer un propos général par des données chiffrées. Elles augmentent la visibilité de 30 à 40 % sur la principale mesure des auteurs. Ils ont refait l’essai sur Perplexity, un moteur en service, et y ont mesuré un gain de visibilité allant jusqu’à 37 %.
Le bourrage de mots-clés, hérité du référencement classique, n’apporte pas de gain. Les auteurs le rangent parmi les méthodes inefficaces.
Un résultat concerne les sites moins bien classés. Quand il cite ses sources, le site classé cinquième sur Google gagne 115 % de visibilité dans l’expérience. Avec la même méthode, le site classé premier perd en moyenne 30 %.
Les trois méthodes gagnantes relèvent du travail éditorial. Elles demandent de savoir d’où vient une information, qui l’a établie et comment elle a été mesurée. Aucune ne demande d’intervention technique sur le site.
Les sources changent selon la question
La première question du 14 septembre portait sur un sujet. La réponse s’appuyait sur des pages qui définissent ce sujet, dont les nôtres. La seconde demandait une liste de prestataires. La réponse s’appuyait alors sur des pages qui dressent des listes. Nous ne figurions dans aucun des classements cités, et la réponse ne nous a pas nommés. Ce relevé tient en une séance, sur un seul moteur.
J’avais relevé le même mécanisme en juillet 2026, lors d’un audit pour un acteur bancaire. Nous avions posé quatorze questions de clients à quatre moteurs. Onze de ces questions ne contenaient pas le nom de la marque. Sur les quarante-quatre réponses à ces onze questions, trois renvoyaient vers son site. Les autres s’appuyaient sur des comparateurs et des sites de courtage.
Le GEO porte donc sur deux sortes de sources. Vos pages comptent pour les questions sur votre sujet. Les classements, les annuaires et les médias comptent pour les questions où votre client choisit un prestataire.
Ce qui rend une organisation citable
Des sources, des citations et des chiffres
Ces trois méthodes sont le principal résultat de l’étude d’Aggarwal et de ses coauteurs. Indiquez l’origine de chaque affirmation importante : l’auteur, la date, la mesure. Remplacez « beaucoup de clients » par le nombre, et « selon une étude » par le nom de l’étude.
Une description exacte de l’organisation
J’ai ensuite demandé à Perplexity pourquoi WeAreTheWords manquait à sa liste. Perplexity a répondu que l’agence avait été fondée en Belgique. Nous avons pourtant aussi une société en France. L’explication qu’un moteur donne de sa propre réponse ne prouve pas la cause de l’oubli. Elle montre en revanche la description qu’il retient de nous. Vérifiez donc ce que les moteurs disent de votre métier, de vos implantations et de votre histoire. Corrigez ensuite votre description sur votre site et dans vos fiches d’annuaire.
Une présence dans les sources des autres
Pour une question de choix, le moteur cite des classements, des annuaires et des médias. Dans l’audit bancaire, les sources citées appartenaient à des courtiers, à des comparateurs, à des médias financiers et à un site de service public. Relevez les sources citées dans votre secteur. Vérifiez que votre organisation y figure et que sa description est exacte. Commencez par vos fiches d’annuaire : vous pouvez les modifier vous-même.
Le GEO s’ajoute au SEO
Le GEO ne remplace pas le référencement naturel (SEO). Les moteurs génératifs citent des pages publiées en ligne, et ces pages doivent d’abord être trouvées. Les critères qui fondent la réputation d’une page auprès de Google restent donc utiles : nous les détaillons dans notre article sur les critères EEAT.
L’unité de mesure, en revanche, change. Le SEO se mesure en positions et en clics. Le GEO se mesure en citations dans les réponses.
Mesurer sa présence dans les réponses
Une réponse de moteur varie d’un jour à l’autre, et d’un utilisateur à l’autre. Les auteurs de l’étude génèrent d’ailleurs cinq réponses par question pour lisser ces écarts. Un relevé isolé ne donne donc qu’un ordre de grandeur. Pour obtenir une mesure, posez les mêmes questions à plusieurs moteurs, à intervalles réguliers. À chaque relevé, notez si la marque apparaît, comment elle est citée et si ce qui est dit d’elle est exact.
Notre article sur le référencement IA propose un test en dix minutes pour savoir si votre marque est citée, suivi de sept questions d’autodiagnostic. Dans l’accompagnement Elite, consacré à la gouvernance éditoriale, nous répétons cette mesure chaque trimestre.
Par où commencer
- Écrivez dix questions qu’un client pose avant de vous contacter. Classez-les en deux groupes : les questions sur votre sujet et celles où il choisit un prestataire.
- Pour les questions sur votre sujet, vérifiez qu’une page de votre site y répond. Elle doit définir le terme dès ses premières lignes et citer ses sources.
- Pour les questions de choix, posez-les à ChatGPT, à Perplexity et à Gemini. Relevez les sources citées, puis vérifiez que votre organisation y figure.
La Sacem a travaillé sa voix institutionnelle et sa visibilité dans les moteurs : voir l’étude de cas. Pour faire le point sur votre propre situation, demandez un diagnostic éditorial.
Questions fréquentes
Que veut dire GEO en marketing ?
GEO signifie Generative Engine Optimization. Le terme désigne le travail qui rend un contenu citable par les moteurs génératifs, comme ChatGPT, Perplexity ou Gemini. Il vient d’une étude de Pranjal Aggarwal et de ses coauteurs, présentée à la conférence KDD en 2024.
Le GEO remplace-t-il le SEO ?
Non. Les moteurs génératifs citent des pages publiées en ligne. Le SEO reste la condition pour que ces pages soient trouvées. Le GEO ajoute une autre exigence : qu’elles soient reprises et citées dans la réponse.
Quelles méthodes rendent une page plus visible dans les réponses d’une IA ?
L’étude fondatrice du GEO en désigne trois : citer ses sources, ajouter des citations tirées de sources crédibles et donner des chiffres. Elles augmentent la visibilité de 30 à 40 %. Le bourrage de mots-clés n’apporte aucun gain.
Source : Pranjal Aggarwal, Vishvak Murahari, Tanmay Rajpurohit, Ashwin Kalyan, Karthik Narasimhan et Ameet Deshpande (2024), « GEO: Generative Engine Optimization », KDD 2024, arXiv:2311.09735.
