Où en est Google Bard face à ses concurrents ?

Où en est Google Bard face à ses concurrents ?

Depuis quelques heures, Google Bard est enfin disponible dans l’Union européenne. Pour quelles raisons arrive-t-il si tard ? Quels sont les premiers retours des utilisateurs à l’étranger ? Réponses dans cet article.

Il ne se passe pratiquement pas une seule journée sans que l’on entende parler de ChatGPT. Nous sommes d’ailleurs de plus en plus nombreux à l’utiliser pour nos recherches courantes sur le Web. Au point de faire de l’ombre à Google ? Toujours est-il que sa maison-mère Alphabet a mis les bouchées doubles pour lancer son concurrent Google Bard. Non sans se heurter à quelques obstacles, comme nous vous l’expliquons ci-dessous.

L’intelligence artificielle générative, qu’est-ce c’est ?

On a coutume de considérer les intelligences artificielles telles que Google Bard ou ChatGPT comme de simples chatbots, à l’image de Siri ou Alexa. La différence réside dans le type d’apprentissage machine ou machine learning qui opère et dans le caractère plus complet et développé des réponses générées. En effet, les réponses générées par ChatGPT, Bing Chat ou Google Bard sont le résultat de compilations d’immenses volumes de données textuelles synthétisés. De tels volumes ne sont naturellement pas gérables par une intelligence humaine.

La mise en forme du contenu généré dans un grand nombre de langues possibles s’appuie sur une technologie de traitement du langage naturel, natural language processing ou NLP, éprouvée et affinée depuis de nombreuses années déjà.

Pourquoi l’Union européenne a-t-elle longtemps bloqué le lancement de Google Bard ?

Prévu en juin, le lancement de Bard par Google a dû être reporté au 13 juillet 2023. En cause, des dispositions insuffisamment claires quant à la protection des données personnelles. Le blocage est d’abord venu de l’Irish Data Protection Commission (IDPC), dont le Commissaire adjoint Graham Doyle considère que « l’IDPC n’a reçu ni briefing détaillé, ni évaluation d’impact de la protection des données (…) à ce stade. »

Google aurait-il été trop vite en besogne et négligé de répondre aux exigences du Règlement général sur la protection des données (RGPD) ? Vraisemblablement. Déjà disponible dans quelque 180 pays, dont les Etats-Unis et le Royaume-Uni, Google Bard est désormais accessible depuis quelques heures dans l’Union européenne.

Google était déterminé à mettre son outil Bard à la disposition des citoyens européens le plus rapidement possible, ne serait-ce que pour empêcher ses concurrents ChatGPT et Bing Chat d’occuper durablement le terrain.

OpenAI, qui a mis en service ChatGPT, n’est d’ailleurs pas à l’abri de possibles foudres européennes, car son outil fait actuellement l’objet d’une évaluation par le Comité européen de la Protection des Données, qui émet des doutes sur la compatibilité de son algorithme avec le RGPD et avec l’AI Act à venir.

L’Union européenne, seule protectrice des données personnelles ?

A l’évidence, le RGPD constitue déjà un dispositif particulièrement contraignant. Mais il comporte quelques zones grises et nécessite une mise à jour.

L’Union européenne a donc élaboré un ensemble de dispositions juridiques censées garantir la sécurité, la transparence et le caractère non discriminatoire des applications d’intelligence artificielle disponibles sur son territoire.

Adopté le 14 juin dernier par le Parlement européen, l’AI Act classe les risques liés à l’intelligence artificielle en 3 catégories :

  1. Les risques inacceptables, tels que la manipulation cognitive, la notation sociale sur le modèle chinois ou encore l’identification biométrique en temps réel et à distance.
  2. Les risques élevés, qui affectent potentiellement la sécurité et les droits fondamentaux des citoyens, avec obligation d’indiquer le contenu généré par une intelligence artificielle, d’empêcher la génération de contenus illicites ou la publication de données protégées par le droit d’auteur à des fins de formation.
  3. Les risques limités, avec obligation de respecter des exigences minimales de transparence.

ChatGPT, Bing Chat et aujourd’hui Google Bard : lequel choisir ?

Comme on l’a vu, ces trois applications ont en commun d’utiliser l’intelligence artificielle générative, basée sur des invites d’utilisateurs. Aucun de ces systèmes n’est à proprement parler « intelligent », en ce sens qu’aucun ne « pense » ou ne prend de décision susceptible de l’écarter de l’invite ou de la question posée.

ChatGPT et Bing Chat ont en commun d’utiliser la technologie GPT ou generative pre-trained transformer, tandis que Google Bard s’appuie sur sa propre technologie LaMDA.

On peut considérer ChatGPT comme l’outil le plus souple et le plus facile à utiliser à ce jour.

En revanche, Bing Chat se montre plus précis et traite des volumes de données textuelles plus importants. En ce sens, il convient mieux pour des travaux de recherche plus pointus. Cerise sur le gâteau : Bing Chat permet de générer également des images. Le noyau de la cerise : le nombre d’utilisations par jour est limité.

Et Google Bard ? Force est de constater que dans les pays où il était déjà disponible, il a pris du retard sur ses concurrents. Comme Bing Chat, il traite de très gros volumes de données textuelles en un temps record, mais Google hésite à le présenter comme une extension à son moteur de recherche phare. On parle vaguement d’application « complémentaire », à l’image de Scholar pour les travaux de recherche. Pour une fois, Google a semblé un peu à la traîne. Cela semble avoir changé, car Bard utilise désormais la technologie de 2e génération PaLM2 en combinaison avec son IA conversationnelle LaMDA.

Google Bard permet notamment de

  • lire les réponses à haute voix en plusieurs langues
  • paramétrer le ton et le style des réponses générées
  • partager les réponses reçues avec ses contacts
  • intégrer des images dans ses requêtes, mais uniquement en anglais pour le moment

On mesure à quel point le renouvellement du paysage médiatique initié par les intelligences artificielles génératives ne marque aucun temps d’arrêt. Nul doute que nos 3 concurrents continueront de faire évoluer leurs applications pour offrir toujours plus de fonctionnalités et de précision. La compétition s’annonce rude, d’autant qu’Elon Musk désire lui aussi s’aligner avec sa société xAI, nouvellement créée pour développer une application concurrente à ChatGPT, Bing Chat et autre Google Bard ! L’avenir nous dira comment ces géants se partageront le marché

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