Comme un chat sans patte – l’intelligence artificielle et la créativité

Comme un chat sans patte – l’intelligence artificielle et la créativité

Votre identité éditoriale peut-elle être dictée par une intelligence artificielle ? Les mots forts, puissants, uniques, ceux qui vous représentent, peuvent-ils avoir été écrits par un robot … sans que personne ne s’en aperçoive ?

Non

Parce que malgré tout ce qu’un robot pourra faire, malgré toutes les améliorations qu’on pourra lui donner, même s’il ressemble à Jarvis d’Iron Man ou à Skynet, il restera toujours la barrière … 

Vous savez, celle qu’on entend dans les journaux télévisés au moins une fois par an, quand arrive le salon de la tech de Las Vegas, et qu’un nouveau robot humanoïde qui sert du café tout en dansant la lambada et en récitant le nombre PI en espagnol est présenté au public. 

Le fameux “On dirait un humain, c’est bluffant.”

Supplément d’âme et patte créative

On dirait. Donc malgré tout, ce n’est pas. Et ça ne sera jamais. Pourquoi ? L’âme, peut-être. Cette chose qui fait que chaque être dispose de sa propre singularité. 

On vous a déjà parlé du “supplément d’âme”, n’est-ce pas ? Celui qui teinte votre identité éditoriale de ce qui fait que vous êtes vous. 

Dans l’agence, nous avons de nombreuses typologies de clients. De nombreuses missions, donc. De la réécriture, de la rédaction, des landing pages, des articles courts, longs, des livres blancs, des contenus multimédias, des podcasts…

Et si la plupart des clients nous missionnent sur des projets, c’est pour des contraintes “techniques” – une expertise en rédaction web. Également pour des contraintes “esthétiques” : nous parlons en leur nom. Nous modelons les contenus pour suivre leur identité. Nous adoptons un style à leur personnalité … À leur singularité. 

Nos rédacteurs et rédactrices ont chacun une “patte”, un style, une manière d’écrire qui leur est propre. Une utilisation reconnaissable d’un niveau de langage, une utilisation reconnaissable de ponctuation, d’adverbes, d’adjectifs, de participes passés.

Un “je-ne-sais-quoi” qui rend son contenu unique et parfaitement identifiable.

De l’art de dire votre supplément d’01000001 01101101 01100101

Est-ce donc à dire que l’intelligence artificielle n’a pas de style ? Si. Si, elle en a. Mais ce qu’elle veut nous faire passer pour une “création” n’est en fait qu’une suite logique algorithmique.

N’oublions pas – n’oublions jamais – que dernière l’intelligence artificielle, il y a des hommes et des femmes, des génies, on peut le dire, qui codent, codent, codent encore.

Des hommes et des femmes, avec leurs biais et leurs opinions, avec leur manière de faire et leur objectivité. Et leurs agendas – parce qu’il ne faut pas se leurrer : tous les projets numériques, et internet en fait partie, ne sont pas entrepris à la base pour une utilisation “grand public”.

Comme le rappelait le professeur de philosophie Simon Brunfaut dans “Les visiteurs du soir” sur LN24, une machine qui est entraînée à la conversation mais dont les sujets ont été limités – par peur de parler de faits sensibles – est-elle donc une machine qui converse vraiment puisqu’on limite le principe même de la conversation ?

“Le progrès matériel doit être lent, comme l’évolution des espèces. Sinon il produit des monstres.” – Jean Dutourd, écrivain français et membre de l’Académie Française

La forme et le fond, l’art et la manière

Faut-il donc ostraciser l’intelligence artificielle ? Peut-être pas. Mais il faut savoir raison garder. Et reconnaître que l’outil est utile, mais qu’il ne peut en aucun cas être une fin en soi. Une aide. Un facilitateur.

Ce que reflète d’ailleurs ce tweet :

Se dire également que des outils comme Chat GPT se basent sur un corpus très large de sources … non mentionnées. L’outil technologique pourrait donc affirmer des éléments qui sont objectivement faux. Et c’est là que le travail de fond commence : dans la vérification d’éléments, dans la modélisation du texte à son image, à son identité, à son supplément d’âme.

Gagnez-vous donc du temps à confier vos rédactions à des outils ? Peut-être. Certainement. Mais quid du temps de relecture ? Quid du temps de vérification, de fact checking ?

Et on ne lève qu’un pan du large voile qui recouvre encore les tenants et les aboutissants de ces intelligences artificielles : quid de la réception par les moteurs de recherche ? Quid d’éléments très factuels tels que le prix ou la disponibilité des outils ?

Des lignes mouvantes, des réflexions larges

L’intelligence artificielle a au moins le mérite de faire bouger les lignes, de pousser à la réflexion sur les processus de création, sur la rentabilité et sur ce qu’on appelle un “contenu à valeur ajoutée”.

Mais les réflexions sont bien plus larges : dans une optique de slow content, de modèle vertueux, est-il acceptable d’utiliser une machine pour générer du contenu ? Tout en sachant, donc, que cette machine est reliée à un système qui de facto pollue ?

Et si nous laissons la machine créer à notre place, quelle sera exactement notre place ? L’art, la création, n’est-il pas un moyen de nous échapper, d’accoucher nos âmes ?

Et si la machine crée pour toutes les entreprises, toutes les entreprises, par un effet quasiment mathématique, n’auront-elles plus qu’une seule valeur, qu’une seule identité, donc finalement plus d’identité ? 

“Croire au progrès ne signifie pas qu’un progrès ait déjà eu lieu” – Franz Kafka, écrivain austro-hongrois

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